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Hôpital : la crise des urgences vient en grande partie d'une "inadéquation" du système de santé au vieillissement de la popultion, pointe un rapport
information fournie par Boursorama avec Media Services 16/07/2026 à 17:05

Il faut "transformer" le système, en érigeant la prise en charge des personnes âgées polypathologiques en "priorité absolue", estiment les auteurs du rapport.

( AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA )

( AFP / PASCAL POCHARD-CASABIANCA )

Les tensions à répétition des services d'urgences dans les hôpitaux français vient beaucoup de "l'inadéquation" du système de santé au vieillissement de la population, souligne un rapport rendu jeudi 16 juillet au gouvernement. Manque de lits d'hospitalisation et de médecins experts en polypathologies, Ehpad surchargés... Il faut des "transformations profondes" pour faire face, selon ce texte.

Le mur démographique et l'explosion des maladies chroniques sature les urgences : des patients polypathologiques, en état sévère, s'y accumulent faute d'avoir été pris en charge ailleurs, et y restent longtemps, faute de "solutions d'aval" (lits d'hospitalisation, en Ehpad, en hospitalisation à domicile...), résument six personnalités missionnées en septembre par le ministère de la Santé, dans ce rapport consulté par l' AFP .

Il faut "transformer" le système, en érigeant la prise en charge des personnes âgées polypathologiques en "priorité absolue" , qui devra être "financée" et "valorisée", poursuivent ces auteurs, dont plusieurs urgentistes et cadres hospitaliers.

En Ehpad il faudrait, d’ici 2050, 365.000 places en plus des 640.000 existantes , alors que leur nombre "a diminué entre 2019 et 2023". À l'avenir, "les aînés les moins dépendants devront rester à domicile ou en résidence autonomie" -nécessitant la création de 800.000 emplois- et les Ehpad et hôpitaux accueilleront les cas très complexes, anticipent-ils.

Les parcours de soin devront donc être organisés ensemble par "tous les acteurs d'un territoire" (soignants de ville, hôpital, médico-social...), orientés vers "le dépistage précoce" et "le maintien à domicile" , écrivent-ils. La formation médicale est aujourd'hui "concentrée sur les spécialités d'organe" techniques, "au détriment de formations holistiques (médecine interne, gériatrie, urgence…), ce qui "ne correspond plus aux besoins", observent-ils.

"Filières gériatriques"

Ils suggèrent d'augmenter les effectifs de ces spécialités "transversales", et "réorganiser" les hôpitaux autour d'elles, en augmentant substantiellement le nombre de lits de "médecine interne et polyvalente" et supprimant des "lits de spécialité" dans les petits établissements. Il faut y adosser un "solide service social", pour "fluidifier" les parcours de ces "patients vulnérables, isolés", ajoutent-ils.

Ils proposent aussi de créer une spécialité "gériatrie" pour les infirmières en pratique avancée (IPA, titulaires d'un master), déployables notamment dans les Ehpad.

Ils appellent encore à "rendre obligatoires" et "doter de moyens", pour les urgences très fréquentées (25.000 passages annuels), les "cellules d'ordonnancement des lits" d'aval, qui connaissent en temps réel les capacités et peuvent organiser des transferts inter-services. Ces lits pourraient même être gérés à l'échelle territoriale, en incluant le secteur privé, envisagent-ils.

Ils appellent enfin à généraliser "les bonnes pratiques", comme les "filières gériatriques" au sein des Samu-SAS (qui répondent au "15"), capables de réorienter des malades ou d'organiser des "admissions directes" sans passage aux urgences, les "équipes mobiles" qui interviennent notamment à domicile et Ehpad, ou les numéros d'appel destinés à fournir aux soignants non-spécialisés un avis expert.

"Les solutions existent. Elles exigent aujourd'hui des arbitrages politiques clairs, des moyens dédiés et un calendrier contraignant", a réagi dans un communiqué le syndicat Samu‑Urgences de France qui au coeur d'un été caniculaire, "demande instamment" des "arbitrages publics à la hauteur".

2 commentaires

  • 16 juillet 17:49

    C'est ça le problème en France. On donne la priorité aux vieux , le jour suivant ce sera les enfants qui seront super-prioritaire et enfin les femmes super-prioritaire la semaine suivante. Et ainsi de suite. Les hommes de 18 à 60 ans par contre dans ce pays → rien à fouxxx ...


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